Prénoms rares, peu courants ou surprenants

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cgf04944
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prénoms rares ou peu courants

Messagepar cgf04944 » 22/06/2009 21:44

Dernier message de la page précédente :

Bonsoir,
Je viens de découvrir cette rubrique.
J'ai une soeur à mon arrière grand père (née en 1841) qui s'appelait Goëntroc. Il semblerait que ce soit un prénom d'origine bretonne.
ML Guével
ML G

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Jean Claude Bourgeois
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Messagepar Jean Claude Bourgeois » 24/06/2009 21:56

Bonjour,

C'est la première fois que je rencontre ce prénom (dans la famille KEROUARTZ en 1584) : Judicellus

Il existe aujourd'hui encore de Judikaelle, mais au masculin, quelle serait la "Francisation" la plus proche :?:
Amicalement :wink:
Jean Claude

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christian
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Messagepar christian » 24/06/2009 22:20

bonsoir Jean-Claude
pourquoi pas tout simplement Judicael, je ne le connaissait pas au féminin.
"Judicaël est un prénom masculin d'origine bretonne parfois écit Judikael."

Fête : le 17 Décembre

Étymologie : Issu du vieux breton iud, le prince, et hael, généreux.
Judicaël est un prénom spécifiquement armoricain qui n'a, jusqu'à présent, été repris nulle part ailleurs. Mais en Bretagne - ou dans les familles bretonnes - il demeure régulièrement attribué. Le souvenir de saint Judicaël explique peut-être, en partie, cette fidélité. C'était, au début du VIIe siècle, l'aîné des quinze enfants du roi de Domnonée (Bretagne du Nord). À la mort de son père, l'un de ses frères voulut prendre le pouvoir et fit assassiner une partie de sa famille. Judicaël se réfugia à l'abbaye de Gaël, dans la forêt de Paimpol. Quelques années plus tard son frère meurtrier devint aveugle et Judicaël devint roi des Bretons. C'est lui qui, en 636, fit la paix avec le roi franc Dagobert Ier. Il abdiqua peu de temps après et se retira à Gaël où il mourut en 650.
http://www.tous-les-prenoms.com/prenoms ... icael.html
Amicalement
Christian
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CGF 8041M

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Francine Laude
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Messagepar Francine Laude » 24/06/2009 22:44

Bonsoir

pas sûre de faire avancer les choses
mais il y a aussi
saint Judocus , Jodocus , Josse, breton, prêtre, + 669

Amicalement
Francine
Amicalement
Francine

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Salmard-56
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Messagepar Salmard-56 » 27/06/2009 11:33

Bonjour,

Le Bulletin de la Société archéologique du Finistère - 1978 trouve comme correspondance à Judicellus les noms de baptême Jezéquel et Jiquel*. Ceci dit pour l'anecdote puisqu'à y regarder de plus près et par comparaison avec le message de Christian, la saint Jezéquel se fête également le 17 décembre et trouve son origine dans le celtique Lud/hael, on peut donc en faire une variante de Judicael qui sur Nominis se trouve être le prénom de réfêrence de ce groupe.

* Quoique je n'ai trouvé aucune trace de saint-Jiquel sur une recherche rapide.

Bien cordialement,
Fabien.
Bien cordialement, Fabien

PELLEN Françoise
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prénoms particuliers

Messagepar PELLEN Françoise » 28/06/2009 21:50

Bonjour,

Effectivement le prénom Édiltrude est typiquement tréflézien. Il s'agit d'une sainte de l'est de l'Angleterre. Ediltrude (Etheldrede) naquit en 630 dans le Sufflok, elle mourut le 23 juin 679. Son culte fut importé à Tréflez au cours des diverses invasions celtes du XIème au IXème siècle.
Au cours des siècles elle reçut le surnom de Gwentroc car elle était priée pour la guérison des douleurs rhumatismales (gwentr en breton). Gwentroc a aussi été orthographié Ventroc.
En Grande-Bretagne le nom d'Etheldrede a été simplifié en Audrey, prénom qui au XXème siècle a franchi la Manche.

Le pardon de Ste Ediltrude est célébré à Tréflez tous les 23 juin. Au cours de ce pardon les fidèles vénèrent une relique de la Sainte et embrassent sa statue après s'y être frotté les mains des deux côtés (ceci fait sans aucun doute allusion à des maladies rhumatismales telles que la polyarthrite rhumatoïde).
La paroisse de Tréflez détient une relique de la main de Ste Ediltrude qui lui a été remise en 1926 par l'évêque de Birmingham.

Quant à Judicaël , il est né à Tréflez au manoir de Coat Lez. La forme moderne de ce prénom est bien connue, c'est Gaël au masculin et Gaëlle au féminin.

Kénavo !

Françoise

PELLEN Françoise
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rectification

Messagepar PELLEN Françoise » 28/06/2009 22:32

Bonsoir,

Une petite rectification :
Le culte de Ste Ediltrude fut importé à Tréflez au cours des invasions celtes du VIème au IXème siècle.

Françoise

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Salmard-56
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Messagepar Salmard-56 » 29/06/2009 13:28

antennemorlaix a écrit :Il y a Nicodème Pantaléon Cucufat, né le 3-8-1728 à Plouénan, de Guillaume Olivier BOLLORE De KERBALANEC & Marie Le CHOQUER.
Il ne tient pas son prénom de son parrain.
Entraide Morlaix


Un Pantaleon également dans mon ascendance, à l'époque de la Fronde celui-là et dit "mort à la guerre", petit laboureur, veuf et laissant 3 enfants, c'était sûrement un révolté au bout du rouleau.
Bien cordialement, Fabien

Tréfla
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Messagepar Tréfla » 30/06/2009 10:23

Bonjour,
Au sujet de Gicquel, évoqué plus haut:
"Gicquel, Giquel Nom très fréquent en Bretagne. C'est une forme contractée de Jézéquel, en vieux breton Judicael. Quant à Judicael, le nom signifie fils de Iudhael (avec le suffixe -ic intercalé). Sens de Iudhael : le seigneur (iud) généreux, noble (hael). Le nom Judicael fut porté par un saint, roi de Bretagne (fils de Iudhael) qui se fit moine et se retira à Gael, où il mourut (VIIe siècle)." (jeantosti.com).
Cordialement,
Jean-Louis.

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iosis1
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Messagepar iosis1 » 24/09/2009 12:21

Bonjour :D

Jean-Louis, mon fils porte le prénom Jezekaël (prononcé Jezekel) son second prénom Maël est prononcé Mel, mais impossible de le faire accepter autour de nous.
Qu'en est-il en Breton parlé ?

Une autre question : notre fille portant le nom de Gwenevere, j'avais lu, peu avant la naissance de notre fils, que Maël est la forme celte de Lancelot, les deux voulant dire "serviteur" et que ce choix (de leur père) nous mettait dans une situation difficile pour les enfants, lesquels se seraient retrouvés ainsi portant le nom de deux célèbres amants, d'où le choix de dernière minute de faire précéder Maël par Jezekaël.

Ma question : confirmez-vous la même origine des deux prénoms Maël et Lancelot ?
et pour Jezekaël pourquoi un Z si cette consonne n'existe pas en Breton ?

Je ne comprends pas le lien entre Judicaël et Jezekaël ?

- Jud pour Iud oui, je comprends,
- Jez pour Iud, là je suis perdue ?

Merci pour votre éclairage,

Bonne journée,
Dominique
Dominique Pennegues

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Messagepar Tréfla » 24/09/2009 14:25

Bonjour Dominique,
Répondre à toutes ces questions demande des compétences en linguistique que je n'ai pas.
- Lancelot et Maël
"Lancelot Nom de personne médiéval popularisé par Lancelot du Lac, héros de romans courtois. Il semble que ce soit au départ un diminutif d'Ancel (= Anselme). C'est en Bretagne que le nom est le plus répandu (56, 35)." (jeantosti.com).
Maël serait issu du vieux breton "mael", le prince, le chef (d'après plusieurs sites Internet).
Si ces sites sont fiables, il n'y aurait pas de rapport entre "Lancelot" et "Maël".
- La consonne "z" existe bien en breton: cf Breizh, etc.
- Jean Tosti, qui fréquente ce forum pourrait-il répondre à ces questions, en particulier sur le passage du vieux breton "Judicael" au breton moderne "Jézéquel"?
Cordialement,
Jean-Louis.

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iosis1
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Messagepar iosis1 » 24/09/2009 14:46

Merci pour votre intervention rapide Jean-Louis.

L'association Maël-Lancelot provenait d'un livre ancien qui m'avait été communiqué en 1982, je n'ai le souvenir ni du titre, ni de l'auteur, mais peut être ici :



"The Name of Sir Lancelot du Lake

The name of Lancelot is sometimes found in French romances in the decapitated form of Ancelot, and this, of course, is a diminutive, like 'Jacquelot' and 'Michelot.' It is clear that those authors who wrote Ancelot supposed that they were dealing with a diminutive of the Old French word ancel (Latin, ancilla), and that L was the definite article, and therefore negligible at will. It was with these ideas in mind that the Viscount Hersart de la Villemarqué proceeded to identify Sir Lancelot du Lake with a Somersetshire prince named Maelwas.

Villemarqué gave two reasons for this identification :

1. Maelwas, like Lancelot, abducted King Arthur's wife.
2. 'Maelwas' = mael + gwas, and means 'young servant,' i.e. Ancelot.

The Welsh representative of Irish mael, 'a tonsured slave,' is not 'mael,' however, but moel. The Welsh 'mael' in proper names represents Maglo, and that means a prince, or hero : compare the name of Magilos, the Gaulish king who opposed Hannibal, according to Polybius, III. xliv. Hence Maelwas < Maglouas = 'young prince,' or 'young hero,' and not 'jeune serviteur.' Consequently the opinions of the nineteenth-century savant, and of the twelfth-century French romance writers, are equally unreliable.

The name of Lancelot is Germanic in origin. Its deuterotheme is really -loth, but that had to be accommodated to French pronunciation, in the same way as the names Loth > Lot, and Goth > Ghot. The prototheme Lance- was a dissyllable, and it corresponds with the first part of the name of Lancing, a village in Sussex, which is connected with Wlencing, the youngest son of Ælle, the first recorded king of that province. 'Wlencing' presents an infected form of wlanc, 'proud '; cf. wlenceo, 'pride.' The same root appears as prototheme in many Germanic personal names, e.g. Wlancbeorht, Wlanc-heard, Wlanc-thegn. Among names which rejected the initial w before l are Lanc-fer, Lanc-pertus and Lancino; and an intermediate form between wl and l, namely hl, appears in Hlanc-wulf, the name of a moneyer under Edward the Confessor.

The deuterotheme is the same as that in 'Vinoviloth,' a Gothic name recorded in the Getica of Jordanes (scr. c. 560). The use of this deuterotheme was exceptionally rare among the Anglo-Saxons, and the only instances in insular writings that are known to me are 'Unlot' and 'Guingelot.' Both names come to us through Norman-French writers. 'Unlot' represents Huniloth, and it occurs in Domesday Book, v. Ellis, General Introduction to Domesday Book, Index B. 'Guingelot' represents Winge-loth (cf. Winge, Winge-drud, Wing-beald), and is the name given to Wade's boat by Walter Map (c. 1175); v. 'De Nugis Curialium,' ed. Wright, 1850, ii. 17. Various meanings are assigned in early glossaries to the Old English 'loða' ; sc. lacerna, paludamentum, sagulumi 'a (military) cloak'; it is also equated with Latin lōdix, 'a blanket,' and with Anglian scēte, 'a sheet.'"

'Lancelot,' therefore, represents Lancé-loth < Wlanci-loth.

The Celtic Review, Professor Mackinnon, Mrs W. J. Watson, Volume VIII, 1912-1913, 404 page, pp. 365-6.

Donc, Mackinnon et Watson évoquent une confusion par Hersart de la Villemarqué entre Mael et Moel (serviteur à la tonsure).

Ils auraien t dû publier ça plutôt, cela m'aurait évité une scène de ménage :wink:
Dominique Pennegues



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Messagepar iosis1 » 24/09/2009 15:27

mais tout le monde n'est pas d'accord :

Dans la traduction anglaise de l'ouvrage d'Ernest Renan, on trouve une note du traducteur (son nom n'est pas mentionné) :

"Ancelot is the diminutive of Ancel, and means servant, page, or esquire.
To this day in the Cymric dialects Mael has the same signification. The surname of Poursigant, which we find borne by some Welshmen in the French service in the early part of the fourteenth century, is also no doubt a translation of Mael."


A suivre, donc ...
Dominique Pennegues



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Messagepar Tréfla » 24/09/2009 19:44

D'après Gwenole le Menn:
"MAEL Etymologie: Mael, seul ou en composition, est bien attesté dans les noms propres vieux-bretons. Il signifie "chef, prince", littéralement "grand"".
Cordialement,
Jean-Louis.

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Messagepar iosis1 » 25/09/2009 10:05

Merci Jean-Louis, le sujet est donc clos :)

Bonne journée,
Dominique
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Messagepar Tréfla » 28/09/2009 16:52

Bonjour,
Voici la réponse de Jean Tosti pour le passage de Judicael à Jézéquel:
"Cela ne pose pas vraiment de problèmes : le d intervocalique mute fréquemment en z (phénomène qui n'est d'ailleurs pas uniquement breton). Quant aux voyelles, on peut supposer une forme intermédiaire Jiziquel (par assimilation de u à i), attestée en Poher, puis Jéziquel, puis Jézéquel (nouvelle assimilation)."
Cordialement,
Jean-Louis.


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